La relique sacrée

Le vide. Ce vide béant au plus profond de son être emplissait son esprit. Il sentait son cœur s’accélérer à chaque battement, faisant naître cette folie désormais sans limite. Un tremblement soudain l’éveilla en sursaut, et en sueur.

 

− Tu es arrivé trop tard.

 

Cette voix. Il ouvrit les yeux, pour découvrir les murs couverts de livres de la bibliothèque de son enfance, Château-Suif. Imoen, debout au milieu de ses compagnons endormis, le dévisageait d’un regard froid et menaçant.

 

− Ne t’avais-je pas dit que tu arriverais trop tard ?, reprit-elle sur un ton de reproche. Tu apprendras à me faire confiance…

 

Même s’il ne pouvait s’agir que d’un nouveau rêve, celui-ci avait comme les autres toutes les allures de la réalité.

 

− Ne crains rien, continua-t-elle en adoucissant la voix. Tu es en sécurité ici… si tu te contentes de suivre mes instructions… Approche-toi… Je vais te montrer ce qui comble ton vide… Ce qui a été libéré…

 

Elle avait chuchoté ces dernières paroles, en lui faisant signe d’approcher de la main.

 

− Tu n’es pas Imoen, se reprit-il aussitôt. Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais eu ce genre de rêve !

− Je suis ce qui se cache derrière ton âme, derrière chaque fibre de ton être… Je suis ce qui te reste lorsqu’on t’arrache l’esprit et la raison… Je vais te montrer ce que tu peux être, ce que tu peux faire… si tu acceptes de devenir ce que tu es…

 

Un sourire se dessina sur ses lèvres. Un sourire froid et provocateur.

 

− Je peux te montrer cela, car je suis en toi. Je suis ce qui remplit le néant.

 

Sa voix changea soudainement, passant de son ton cristallin habituel à un grognement rauque. De longs tentacules s’échappèrent de son visage, et son corps se déchira en laissant apparaître une peau sombre et écailleuse. De puissantes griffes poussèrent de ses mains, tandis qu’une queue épineuse balaya les airs derrière elle. Même s’il ne l’avait jamais vu, Daren connaissait cette créature de cauchemar mieux que quiconque : c’était l’avatar de Bhaal en personne, l’ « Ecorcheur ».

 

−Je suis toi !

 

Et d’un coup d’une puissance inouïe, elle posa sa main griffue sur le corps de Minsc, toujours inconscient, et le broya aussi aisément qu’un insecte. La créature s’élança ensuite vers Jaheira, puis Aerie, les brisant tout aussi aisément. Une aura terrifiante irradiait du démon tentaculaire, qui semblait se délecter de cette violence gratuite. Daren restait impuissant, incapable du moindre mouvement, et ne pouvait détourner les yeux de ce spectacle d’horreur. Ce n’était pas seulement la peur qui le paralysait. Il était déjà devenu cette créature, et revivait en cet instant présent sa transformation de la veille : un concentré de haine et de folie. Le brouillard rouge illumina la pièce, puis se dissipa aussitôt.

 

− Tu vas recevoir un cadeau, reprit Imoen qui avait retrouvé forme humaine. Un présent somptueux… que tu ferais bien d’apprécier à sa juste valeur.

 

Elle avait reprit ce même ton froid et menaçant. Devant lui, Irenicus, Bodhi et Sarevok étaient apparus, immobiles, le regard perdu dans le vague. Daren se retourna soudainement, à la recherche de ses compagnons terrassés par le monstre, mais ils avaient tous disparus.

 

− Tu t’inquiètes pour eux ?, ironisa-t-elle. Laisse-les, abandonne-les… et deviens ce que tu dois devenir ! Tu es l’héritier d’un grand pouvoir. Utilise-le, et tu te rapprocheras de ce que tu es…

 

Imoen s’approcha de lui, et susurra ses derniers mots à l’oreille.

 

− … ou ce que tu peux devenir…

 

Une sensation de brûlure et de déchirement lui traversa le corps. Daren sentit à nouveau sa peau s’écarteler et sa vision se brouiller à mesure qu’il perdait le contrôle de son esprit, et qu’il se rapprochait de l’ « Ecorcheur ». Son cœur explosa, et les os qui lui transperçaient le dos le firent atrocement souffrir. La brume rouge s’échappa de son être, plus virulente que jamais, mais contrairement à sa première transformation, il restait encore capable de deviner les silhouettes devant lui. Il était à la limite de la déraison, et luttait de toutes ses forces pour conserver une étincelle de lucidité.

 

− Vois ce que contient le néant, poursuivit Imoen. Utilise ce qui t’est offert ! Accepte de prendre part à ce qui te dépasse ! Je suis toi, et je sais ce qui te convient le mieux !

 

Daren tremblait d’excitation et de rage, mais aussi de désespoir. Son âme lui avait été arrachée, et il était presque impossible de résister à ce pouvoir par la seule volonté.

 

− Chaque fois que tu l’acceptes, que tu le laisses entrer en toi, tu deviens de plus en plus… noir…

 

Il se tourna vers Imoen, qui s’avança vers lui, un sourire sur le visage.

 

− Peut-être t’y perdras-tu un jour… mais pour découvrir la plus belle des récompenses… Qu’importe une éternité de néant, lorsque tu peux détruire tout ceux qui te nuisent, aussi simplement qu’en comptant ?

 

Imoen désigna Sarevok d’un geste de la main.

 

− Un…, commença-t-elle lentement.

 

Ne pouvant plus résister, Daren se précipita sur son ennemi, toujours immobile, et le lacéra de toute la haine dont il était capable. Il éprouvait d’intenses frissons à chaque éruption de violence, mais conservait toujours une certaine lucidité, qui lui permettait de discerner son environnement. L’armure de Sarevok vola en éclat, et d’un geste, il décapita son défunt frère de sang.

 

− Deux…

 

Daren se tourna ensuite vers Bodhi, qu’il déchiqueta aussi aisément qu’une brindille. Un pouvoir sans limite coulait dans ses veines et l’enivrait à chaque coup qu’il portait, renforçant son intensité mais le conduisant de plus en plus vers la folie.

 

− Trois…

 

Puis ce fut le tour d’Irenicus. La haine qu’il éprouvait contre ce sorcier décupla sa force, et les fondations mêmes des lieux tremblèrent à chacun de ses coups. Autour de lui, les murs s’effritaient sous la formidable puissance qui s’échappait de la créature qu’il était devenu. La brume rouge s’intensifiait à chaque fois, occultant de plus en plus ses sens, et le rapprochant implacablement de la bête dont il avait pris l’apparence.

 

− Quatre !

 

La voix d’Imoen était devenue plus menaçante et plus dure, mais son esprit se laissa submerger par le pouvoir de l’Ecorcheur. Son être conscient ne pouvait plus lutter. Du sang. Il lui fallait du sang. L’appel du Meurtre était souverain, et rien ne pouvait se mettre en travers de sa volonté. Ses instincts les plus primaires venaient de reprendre le dessus, et les derniers vestiges de son humanité s’évaporèrent sous la tempête de cette folie écarlate. Il ne sentait plus que quelques présences, et n’avait plus qu’un seul but, tuer. D’un bond, il se précipita sur Imoen, qu’il transperça de ses griffes, avant de projeter son corps contre le mur, brisant ainsi la pierre sous le choc. Il poussa un hurlement de rage et de démence qui fit trembler le sol, mais ne l’entendit qu’à peine. Son sang bouillonnant couvrait tout autre bruit. Cependant, résonnant encore dans son esprit, la voix glacée de sa sœur refit surface et le ramena subitement à la réalité.

 

Cinq !

 

Une douleur aigue lui transperça le cœur, et la brume rouge se dissipa. Devant lui, Imoen, une lueur de haine dans ses yeux devenus rouges, venait de lui porter un coup mortel, d’une dague qu’elle avait planté dans son cœur. Une dague en os.

 

 

Il faisait encore nuit, et un vent frais lui caressa son visage ruisselant de sueur. Il était assis sur une couverture qui lui servait de lit, tremblant de tous ses membres. Instinctivement, il posa sa main sur sa poitrine et poussa un soupir de soulagement en y entendant son cœur battre encore fortement de ses émotions. À ses côtés, Jaheira, Minsc, Imoen et Aerie dormaient profondément. Un lointain bruit d’écume et l’air salé du large le ramenèrent à la réalité, et Daren respira profondément pendant de longues minutes avant de retrouver son calme. Ce n’était qu’un rêve. Un simple cauchemar comme il en avait eu tant d’autres. Son regard se posa sur Imoen, puis sur Aerie, puis enfin sur son épée qu’il avait gardée près de sa couche. Un bâillement lui rappela que la nuit n’était pas encore terminée, et il se recoucha, plus serein. Une petite voix résonnait cependant encore dans son esprit. Cette sensation de pouvoir ne l’avait pas laissé indemne, et l’expérience qu’il avait vécue hantait toujours son esprit. Mais quelque chose était différent cette fois. Il entendait presque la voix de sa sœur lui murmurer à l’oreille, et malgré le traumatisme de cette révélation maintenant évidente, il était inutile de se le cacher plus longtemps : il ne savait ni comment, ni par quelle sorcellerie, mais son esprit guidé par Imoen avait trouvé le chemin qui le conduisait au cœur même du pouvoir de Bhaal, celui de l’Écorcheur.

 

L’aube était proche, et même si le soleil n’était pas encore levé, il illuminait déjà l’horizon d’une lueur rose orangée. Daren ouvrit les yeux lentement et découvrit Jaheira, assise un peu plus loin, qui contemplait la mer.

 

− Quelle heure est-il ?, demanda-t-il d’une voix pâteuse.

− Le soleil va bientôt se lever, nous allons partir. Je vais réveiller les autres.

 

Daren rassembla ses affaires, et tira les couvertures d’Imoen, lui arrachant un gémissement plaintif.

 

− Oh non…, encore cinq minutes…

 

Une bouffée d’angoisse l’envahit en croisant le visage d’Imoen, son rêve de la nuit lui revenant à l’esprit en quelques instants. Il frissonna en repensant à cette créature cauchemardesque, et à sa transformation en Ecorcheur.

 

− Attendez un peu…, dit Aerie en se levant.

 

Daren ramassa son arme, ainsi que la lame argentée de Saemon Havarian. Minsc lissait le poil de son hamster, tandis que Jaheira éteignait les restes de leur feu de la nuit. Seule Aerie était restée assise, le visage contrarié.

 

− Écoutez…, continua-t-elle lentement. Vous n’entendez pas… ?

 

Un éclat doré les aveugla l’espace d’une seconde, et se dissipa pour laisser place à une dizaine de créatures humanoïdes terrifiantes. L’avarielle étouffa un cri de surprise, et se réfugia tant bien que mal derrière Minsc. Avant même qu’ils n’eûssent repris leurs esprits, l’un d’eux s’écria dans un langage sifflant.

 

− Hérétiques ! Vous avez la relique !

− Ils sont avec celui qui a violé le sanctuaire !, renchérit un autre. Nous devons les exterminer jusqu’au dernier !

 

Leurs visages jaunes et longilignes leur donnaient un aspect encore plus effrayant que les longs crocs qui dépassaient de leur mâchoire. Ni Daren ni ses compagnons ne comprenaient ce qui se passait, mais une chose cependant était sûre : ils n’avaient pas l’air amicaux. La première des créatures dégaina une gigantesque épée de son dos, et la pointa vers Minsc.

 

− Où est la relique sacrée, humain ! Elle est ici, nous le savons !

− Bouh est la seule chose sacrée que possède Minsc, mais ce n’est pas une relique !, répliqua le rôdeur en se reculant.

− Qui êtes-vous ?, demanda finalement Jaheira. Et de quoi parlez-vous ?

 

Ces créatures étranges étaient apparues de nulle part et les agressaient sans aucune raison. Il ne pouvait s’agir que d’une erreur, car aucun d’eux ne possédaient d’objets d’une valeur suffisante pour faire office de « relique ». En dehors de leurs armes et de leurs vêtements, ils ne possédaient que quelques pièces d’or. Tout à coup, un déclic se fit. Daren porta sa main au fourreau, et tira instinctivement quelques centimètres de la lame argentée.

 

Plusieurs créatures se mirent à s’agiter au même moment, s’échangeant des grognements incompréhensibles, en désignant son arme de leurs mains difformes.

 

− Vous détenez la relique des Githyankis, misérables !, tonna leur chef dans la langue commune. Vous allez périr pour ce sacrilège !

 

Daren fit un pas en arrière, et son cœur se mit à s’accélérer. Cette épée n’appartenait donc pas à Saemon Havarian, ni même à Irenicus si c’était bien lui qui lui en avait fait cadeau. C’était une arme sacrée d’un peuple redoutable du Plan Astral : les Githyankis. Daren avait entendu parler de ces créatures originaires d’un autre plan, mais seuls les plus courageux, ou les plus fous, des aventuriers n’avaient jamais réussi à revenir vivants de leurs forteresses.

 

− Le traître…, fulmina Jaheira en serrant les poings.

 

Elle venait elle aussi de comprendre le stratagème du pirate.

 

− Tenez !, s’écria aussitôt Daren en tendant la lame. Il s’agit d’un malentendu ! Tenez ! Nous vous rendons votre bien !

− Les hérétiques mourront pour avoir osé toucher la relique !

 

Et reprenant son langage guttural, le chef donna un ordre bref à ses acolytes qui entamèrent aussitôt des incantations. Un son strident et suraigu se mit à vibrer avec force dans les airs, et Daren ne put que s’effondrer, un genou à terre et les deux mains sur ses oreilles. À mesure que le sortilège gagnait en puissance, il sentait ses yeux sortir de leurs orbites, déclenchant des tremblements incontrôlables.

 

− À l’abri !, hurla Jaheira. Tous à l’abri dans l’asile !

 

Imoen et Aerie venait de former une bulle protectrice de leur magie combinée, mais le chant destructeur des Githyankis parvenait déjà à fendre cette coquille. Minsc s’approcha de Daren et le releva de son bras puissant. Les portes de Spellhold étaient encore entrouvertes, et tous les cinq les franchirent en courant tandis que les créatures derrière eux s’avançaient, leurs épées tirées.

 

− Cachons-nous ici, s’écria Imoen, essoufflée de leur course. Je crois que les barrières magiques de l’asile les empêchent de sentir la présence de l’épée.

− C’est idiot, la coupa Jaheira. Même si nous gagnons quelques minutes, ou quelques heures, nous finirons par nous faire prendre, ce n’est qu’une question de temps.

 

Les Githyankis étaient deux fois nombreux qu’eux, et maintenant qu’ils les avaient localisés, ils allaient sans doute prévenir les leurs et envoyer des renforts.

 

− Le portail !, s’exclama soudain Aerie. Saemon Havarian a parlé d’un portail par lequel serait parti Irenicus !

 

Daren s’en souvenait lui aussi. Mais il se souvenait également de ce qu’avait précisé le pirate.

 

− Le portail est sûrement piégé, souviens-toi, rappela Daren.

− Nous n’avons pas beaucoup d’autres choix, remarqua Jaheira.

− Attendez un peu…, les coupa Imoen, se massant la joue d’une main. Saemon nous a laissé croire ça, tout simplement pour se débarrasser de son « cadeau » embarrassant et nous pousser à lui faire confiance à nouveau. Si ça se trouve, ce portail n’a rien de dangereux… peut-être…

 

Comme l’avait dit Jaheira, c’était pour le moment leur meilleure option. En réalité la seule. Ils devaient donc continuer leur chemin à travers les couloirs de Spellhold désormais déserts, et se frayer un passage jusqu’à ce portail. Si celui-ci existait encore. Ils reprirent leur course, tandis que les nombreux bruits de pas ponctués des grognements des Githyankis se faisaient de plus en plus proches.

 

− C’est ici !, chuchota Imoen en désignant une porte.

 

La pièce donnait presque en face du laboratoire d’Irenicus, et une lumière dorée s’échappait des jointures de l’embrasure.

 

− Oui, c’est bien là, ajouta Aerie. Je sens des vibrations magiques inhabituelles moi aussi.

 

Minsc ouvrit la porte d’un geste habile, et porta son bras devant son visage pour se protéger de la vive lumière qui irradiait au centre de la pièce.

 

− Nous devons nous tenir la main et avancer tous ensemble, continua l’avarielle. Sans quoi, nous risquerions d’être téléportés à des endroits différents.

− Il faut faire vite, intervint Imoen. Je les entends qui arrivent !

 

Daren saisit les mains de sa sœur et d’Aerie, et plissa les yeux en observant la lumière dorée zigzaguer au dessus du sol. Où ce portail allait-il les mener ? Peut-être aux pieds même du sorcier ? Ou encore à l’autre bout du pays ? Peut-être les conduirait-il même dans un autre Plan ? Quoi qu’il en fût, ils ne pouvaient plus reculer maintenant, sous peine de subir le terrible châtiment des Githyankis.

 

− Laisse la relique ici, Daren !, lança Jaheira. Si tu la gardes, ces créatures nous poursuivrons jusqu’en enfer pour la reprendre.

− Espérons qu’ils n’auront pas le courage de nous suivre en prenant le portail…, ajouta Imoen d’un air inquiet.

 

Daren tira l’arme d’argent de son fourreau, et la contempla une dernière fois. Elle brillait déjà de mille feux à la simple lumière du soleil, mais resplendissait de toute sa beauté sous les éclats d’or de la magie du portail. Sa première impression avait finalement été la bonne : cette arme n’avait pas été forgée par des humains, ni d’ailleurs par aucun peuple de la terre de Féérune. Les artisans Githyankis possédaient un savoir en la matière hors du commun. À regret, il la déposa délicatement sur le sol, devant la porte, et reprit fermement les mains d’Aerie et d’Imoen dans les siennes. Minsc et Jaheira formaient les derniers maillons de la chaîne, et ils s’élancèrent tous ensembles vers la lumière.

 

Le sol sembla se dérober sous ses pieds. Daren sentit l’air lui manquer soudainement, et après avoir été presque aveuglé, l’obscurité l’enveloppa totalement. C’était comme s’il traversait le sol pour s’enfoncer à toute vitesse dans les entrailles de la terre. Ses mains s’agrippaient tant bien que mal à celles de ses compagnons, mais la pression de plus en plus forte et le manque d’air finirent par avoir raison de sa conscience. Allait-il mourir ? Une dernière pensée pour sa sœur lui traversa l’esprit, avant qu’il ne perdît totalement connaissance.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s