Le sauvetage

− C’est encore loin, Solaufein ?, demanda Jaheira d’un air soupçonneux.

− Non, nous y sommes presque, lui répondit-il.

 

Ils marchaient tous les six depuis plus d’une heure. Le combattant elfe noir ne semblait aucunement gêné par l’ambiance angoissante des Tréfonds Obscurs, et Daren se dit pour lui-même qu’il avait raison. Ils n’étaient pas des proies, cette fois-ci, mais les prédateurs.

 

− Ici, cela devrait fonctionner.

 

Solaufein s’arrêta brutalement, marqua le sol de son pied, et fouilla dans son sac à dos. Il en sortit une sorte de sceptre métallique noir dont il planta le manche pointu à l’endroit désigné. L’autre extrémité, formée d’une gemme tout aussi sombre, se mit à scintiller très légèrement au contact de la roche. L’elfe noir entama quelques incantations et un halo lumineux se forma autour d’eux, éclairant faiblement les lieux.

 

− Que fait-il ?, chuchota Daren à l’oreille de sa sœur.

− Je ne sais pas… Je n’ai jamais vu ce genre de magie…

 

La lumière s’intensifia imperceptiblement, et un très léger son strident s’éleva du sceptre qui venait de se mettre à vibrer.

 

− Il capte les mouvements du Plan Astral, murmura Aerie à son tour. C’est… une pratique très dangereuse, car elle peut faire surgir n’importe quelle créature à l’improviste…

− Très réjouissant, commenta Imoen en haussant les sourcils.

 

Jaheira observa la sphère dorée autour d’eux. Son regard allait et venait de Solaufein à cette pierre luisante et menaçante. Leur mission était-elle bien celle qu’on leur avait assignée ? Ou leur élimination, à eux comme à ce Solaufein, en était-elle le réel objectif ? De longues minutes s’écoulèrent, à peine perturbées par le sifflement de la magie, lorsqu’après un quart d’heure de concentration et d’attente, les vibrations s’intensifièrent de manière significative.

 

− Ils approchent !, s’écria Solaufein en dégainant ses deux épées. Préparez-vous !

 

Le globe doré s’agrandit encore davantage et la lumière se fit plus vive. Le drow prononça encore quelques paroles, et se recula à son tour. Les vibrations se transformèrent en un hurlement strident qui fissura le sol au-dessous d’eux dans un éclat aveuglant. L’espace de quelques secondes, Daren ne distinguait plus rien. La lumière se dissipa en un instant, laissant place aux créatures les plus terrifiantes qu’il n’eût jamais rencontrées.

 

− À l’attaque !, hurla Solaufein en décapitant l’une d’elles de ses deux lames simultanément.

 

Cinq humanoïdes au visage tentaculaire rose vif venaient d’être arrachés à leur voyage astral, et tenaient captifs une elfe noire qui semblait dormir paisiblement à leurs côtés. Les créatures, qui ne pouvaient être que des Illithids, ne mirent qu’une seconde à réaliser la situation, et déjà leurs tentacules s’agitaient en direction de leurs assaillants. Dans un choc mou, la tête de leur première victime rebondit plusieurs fois sur la roche, avant de se liquéfier en une boue grisâtre.

 

− Tuez-les tous ! Vite !, leur héla à nouveau Solaufein.

 

Aerie entama une incantation à son tour, et un feu sombre jaillit du néant pour fondre sur une autre de ces créatures qui s’effondra, calcinée. Daren avait les deux mains serrées sur la garde de son épée, se préparant à porter un coup de sa lame, mais une vive douleur le frappa soudainement aux tempes. Il sentait de puissantes vibrations palpiter dans son esprit, affaiblissant sa volonté et brouillant sa vision jusqu’à le rendre quasiment aveugle. Il ne parvenait presque plus à bouger, et le mal qui s’insinuait dans son esprit le forçait à baisser les armes. Il mit un genou à terre, puis les deux. Il errait maintenant dans un cauchemar omniprésent où il se voyait endurer mille morts sans pouvoir réagir. Une forme se déplaça devant lui, et Daren sentit un contact gluant et visqueux contre son front. Le flagelleur mental posa délicatement un membre de sa main tentaculaire au-dessus de son sourcil droit, et un, puis deux appendices se collèrent à lui, s’insinuant sous sa peau, prêts à dévorer son esprit. Daren était incapable de réagir, mais un violent tremblement le secoua de part en part alors que l’Illithid se préparait à lui accoler un nouveau tentacule. Un grondement puissant balaya les tourments de son esprit, et une appréhension, bien plus forte et familière, s’empara de son âme. Les tentacules se détachèrent à mesure que le corps de Daren mutait, lui rendant aussitôt l’usage de ses membres. L’obscurité de l’Ombreterre avait laissé sa place à la présence écarlate du pouvoir de l’Ecorcheur, et d’un seul coup de poing, Daren transperça la créature devant lui. L’appel du meurtre se fit de plus en plus pressant et déjà, il ne parvenait plus à distinguer alliés et ennemis. Une pensée parvint toutefois à filtrer à travers son pouvoir : si les drows découvrait sa véritable identité, jamais ils ne parviendraient à sortir vivants des Tréfonds Obscurs. Il devait à tout prix conserver un minimum de contrôle sur lui-même, et briser son lien avec l’essence de Bhaal. À mesure que les secondes passaient, il sentait sa volonté se consumer aussi aisément qu’un morceau de tissu contre une braise brûlante. Une douleur encore plus vive lui déchira les chairs, et il sentit ses cotes pousser de manière démesurée jusqu’à lui transpercer le dos. Il lui fallait tuer, simplement tuer. Daren poussa un hurlement qu’il entendit à peine, et frappa le sol de toutes ses forces. La roche se désintégra contre l’aura de pouvoir qui émanait de son corps, et il sauta sur la première proie qu’il sentit devant lui.

 

« Tu apprendras à me faire confiance. »

 

Imoen ? Cette voix, il en était sûr, était celle de sa sœur. Ou plutôt cet être ancré au plus profond de son âme qui prenait l’apparence de sa sœur. Une bouffée d’air emplit ses poumons, et Daren eut l’impression de mettre la tête hors de l’eau après être trop longtemps resté sans oxygène. Il devait lutter. Lutter contre l’Ecorcheur, ce tueur sanguinaire avatar de Bhaal lui-même. Dans un sursaut de lucidité, Daren saisit une dague à sa ceinture et la planta avec rage dans sa jambe. La présence fléchit. Daren respirait si rapidement que sa tête tournait. D’un geste, il saisit une poignée de poussière au sol et la plaqua contre son visage, resserrant encore davantage son lien avec la réalité. Ses sens lui revenaient. Il sentait l’odeur de la terre, et sa douleur à la cuisse surpassa petit à petit les autres souffrances qu’avait engendrées sa mutation. Une forte nausée l’obligea à poser ses deux mains au sol, et il s’effondra en avant, à la limite de l’inconscience.

 

− Hé bien ! Je commençais à croire que personne ne viendrait !, grommela une voix féminine.

 

Daren ouvrit péniblement les yeux, ne distingant qu’un étrange brouillard qui terminait de se dissiper. La jeune femme prisonnière des Illithids venait de se relever, et toisait ses sauveteurs du regard. Sa douleur à la cuisse lui arracha un gémissement, et il sentit une chaleur réconfortante lui apaiser ses souffrances.

 

− Chut !, lui intima Aerie qui venait d’appliquer sa magie curative. Ne dis rien, et essaye de te relever.

− Je te salue, Phaere, fille d’Ardulace, salua Solaufein d’une révérence. Es-tu indemne ?

− Qui ?, s’étonna la Vestale. Solaufein ? Non…

 

Un rire narquois naquit sur son visage déjà antipathique.

 

− C’est la Mère Matrone qui t’envoie ?, reprit-elle. Ce doit être dur de risquer ta vie pour sauver la mienne, non ?

 

Le visage de Solaufein se figea en une expression tendue.

 

− J’ai obéi aux ordres, répliqua-t-il d’une voix monocorde.

 

Leurs regards se croisèrent, et la Vestale Phaere pouffa nerveusement.

 

− Oui… comme tout mâle le devrait. Tu as bien agi, je suppose… avec tes… compagnons ? Qui sont ces gens qui t’accompagnent ?

− Eux ? Hé bien voici…

− Je suis sûre qu’ils savent parler, le coupa-t-elle. Ai-je raison ?

 

Elle se tourna vers le petit groupe. Tous les regards se tournèrent vers Daren, qui boita en se relevant. Aerie avait cicatrisé la majorité de sa blessure, mais il devait encore faire illusion : il ne savait pas encore pourquoi ni comment, mais ni cette femme ni Solaufein n’avaient semblé remarquer sa transformation en Ecorcheur, ni même sa blessure incongrue à la cuisse. Phaere s’approcha de lui, releva ses longs cheveux blancs en arrière, et plissa ses yeux noirs.

 

− Je suis Veldrin, de Ched Nasad, annonça finalement Daren en tentant de conserver un ton le plus neutre possible.

− Un étranger ? Vraiment ?, s’étonna la Vestale. Comme c’est curieux… Il faut que nous parlions un peu plus… profondément, tous les deux, lorsque nous serons revenus à Ust Nasha.

 

Elle le déshabilla du regard, dans une expression mêlée d’appétit et de concupiscence qui le fit frissonner. À cet instant précis, si Aerie avait pu tuer d’un simple regard, cette femme serait morte mille fois avant d’avoir terminé sa phrase.

 

− Je vais rentrer, reprit-elle subitement, et informer la Mère Matrone des… services que vous nous avez rendus.

− Tu vas revenir seule ?, s’inquiéta Solaufein. Il y a encore du danger ! Je ne veux pas être responsable de…

− Ta sollicitude me touche, ironisa la Vestale, mais je peux me débrouiller seule. Reste plutôt ici pour brûler les restes de ces vermines.

 

Solaufein croisa le regard de Daren, cherchant un appui à sa proposition. Ils pouvaient tous s’en douter : s’il lui arrivait quoi que ce fût sur le trajet du retour, leur châtiment serait terrible.

 

− Et c’est un ordre, conclut la Vestale. Au revoir.

 

Dans un silence presque surnaturel, elle prit le chemin du retour en laissant ses sauveurs seuls et stupéfiés.

 

− Maudite femelle arrogante !, fulmina Solaufein une fois sa supérieure partie. Que la Reine Araignée dévore son cœur vénéneux !

 

Il empoigna son sac à dos d’un geste furieux, et rajusta nerveusement ses deux lames à sa ceinture.

 

− Je vais la suivre, reprit-il, pour m’assurer qu’elle ne nous mette pas tous en danger par ses excès de confiance. Rentre en ville par tes propres moyens, Veldrin. Nous nous retrouverons là-bas.

 

En quelques secondes, il disparut lui aussi dans les ténèbres de l’Ombreterre. Un silence gêné plana quelques instants sur le petit groupe, avant que Daren n’osât poser la question qui le taraudait depuis leur combat.

 

− Que s’est-il passé ?

− Attends, ne bouge pas, répondit aussitôt Aerie en accourant à ses côtés. Je vais mieux soigner ta blessure, maintenant qu’ils sont partis.

 

Imoen échangea un rapide regard avec lui et ouvrit la bouche pour lui répondre, mais Jaheira la coupa avant qu’elle n’ait le temps de prendre la parole.

 

− Tu t’es transformé à nouveau en… ce monstre, déclara-t-elle d’un ton glacial.

 

Un nouveau silence s’installa. Ses compagnons s’inquiétaient-ils simplement pour lui, ou pour leur propre sécurité ? Aerie jeta vers lui un regard inquiet, et reprit aussitôt ses soins. Il avait à nouveau cédé si facilement au pouvoir de l’Ecorcheur qu’il en frissonna lui-même d’appréhension : s’il ne retrouvait pas son âme sous peu, plus rien ne pourrait l’arrêter, et l’irréparable serait commis.

 

− C’est moi qui t’ai caché, ajouta finalement Imoen.

 

Elle marqua une courte pause, la voix hésitante, et continua.

 

− Lorsque j’ai compris ce qui arrivait, je me suis mise en retrait, et je t’ai dissimulé dans une brume de vapeur. Ce n’était pas brillant, je sais, mais… c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. Il ne fallait surtout pas que Solaufein, ou l’autre, te voie dans cet état.

 

Sans la présence d’esprit d’Imoen, ils seraient tous en danger à l’heure actuelle. Daren esquissa un merci d’un hochement de tête fatigué et tenta de bouger sa jambe. Le contact doux et chaleureux d’Aerie sur sa peau l’arracha à ses sombres préoccupations, et ils s’échangèrent un sourire lorsque leurs yeux se rencontrèrent.

 

− Tu deviens un véritable danger pour nous tous, reprit Jaheira de sa même voix.

− Ça devrait aller mieux maintenant, la coupa Aerie en haussant le ton. Tu peux te relever ?

− Ne fais pas semblant de ne pas m’avoir entendue !, s’écria-t-elle alors.

 

Sa voix se perdit dans l’immensité des Tréfonds Obscurs en un écho assourdi. Le cœur de Daren se mit à battre de plus en plus vite, mais une toute autre forme de malaise l’envahissait à présent. Il savait au fond de lui que Jaheira pouvait avoir raison, et même s’il se le cachait, il savait ce que cela impliquait.

 

− Ce n’est pas la peine de crier comme ça sur Daren, s’indigna Minsc. Daren a toujours combattu avec nous sans faillir ! Bouh trouve cela injuste de lui parler comme ça !

 

Jaheira respirait rapidement et serrait les poings si fort que ses mains en tremblaient. Elle reprit d’une voix très basse, détachant chaque syllabe, en secouant la tête lentement.

 

− Et dire que j’ai cru un moment que…

− Cela suffit, Jaheira !, s’indigna Aerie en se redressant soudainement. Vous… vous êtes une femme acariâtre et autoritaire ! Daren n’a jamais rien fait d’autre que de nous défendre comme il a pu !

 

Jamais Daren n’avait observé une telle virulence chez l’avarielle. Son visage était rougi par l’émotion, et ses grands yeux bleus scintillaient, proches des larmes.

 

− Petite sotte…, souffla la druide dans une moue de mépris. Tu ne comprends vraiment rien à notre situation ?

− Oh, si ! J’ai parfaitement compris !, reprit-elle d’une voix encore plus aigue. Vous… vous êtes jalouse, voilà tout !

 

Daren crut recevoir un poing en pleine figure. Il dévisagea tour à tour Aerie et Jaheira, le visage stupéfié.

 

− Comment peux-tu…, bredouilla Jaheira dont le visage s’était rapidement empourpré. Que…

 

Elle se retourna, ramassa son sac à dos, et prit le chemin qu’avaient suivi Solaufein et la Vestale quelques minutes plus tôt.

 

− Jaheira ! Aerie ! Cela suffit !

 

À l’injonction d’Imoen, la druide s’arrêta, et consentit finalement à se retourner.

 

− Ça ne sert à rien de se chamailler comme ça. Nous sommes tous tendus, et il y a de quoi, mais nous devons rester unis si nous voulons en sortir vivants. Brûlons les corps de ces… choses, et rentrons ensemble en ville.

 

Son ton ne laissait pas la place à la négociation, et Jaheira alluma une torche en silence, le visage crispé, avant de mettre le feu aux cadavres des Illithids. Imoen haussa les épaules, s’étonnant presque elle-même d’avoir fait preuve d’autant de sévérité, et se mit à l’œuvre à son tour.

 

Une fois leurs victimes réduites à quelques tas de cendres, ils prirent ensembles le chemin vers Ust Nasha, dans une ambiance passablement tendue. Depuis leur départ, Aerie et Jaheira n’avaient pas échangé un seul mot, ni même ne s’étaient regardées. Daren se sentit soudainement particulièrement las d’être perpétuellement le centre d’intérêt du monde entier. Une profonde nostalgie de son enfance si paisible, si anonyme, lui fit presque regretter ses aventures passées. Toutefois, il ne pouvait nier un soupçon de fierté d’être ainsi défendu par celle en qui il avait placé son cœur.

 

− Jaheira ?

 

Ils marchaient depuis presque une heure dans un silence pesant, qu’Imoen fut la première à rompre.

 

− Oui, Imoen ?, répondit Jaheira qui s’était peu à peu calmée.

 

Daren marchait derrière elles, devançant Minsc et Aerie qui fermaient la marche.

 

− Jaheira, comment Yoshimo nous a-t-il trahi ?

 

La druide ne répondit pas tout de suite, et Daren se remémora les derniers instants de leur ancien compagnon. Il avait été assez troublé par ses dernières paroles, et ses propos l’avaient presque convaincu de sa sincérité. Il avait ressenti un tel désarroi dans son regard qu’il vivait à présent sa « trahison » d’un point de vue différent.

 

− Je suppose, répondit-elle enfin, que tu veux dire « comment se fait-il que nous n’ayons pas décelé ses véritables intentions » ?

− Heu…oui. Je ne suis resté avec lui que peu de temps, et il semblait gentil, mais…

 

Imoen hésita un instant, cherchant visiblement ses mots.

 

− Mais toi… hé bien, tu ne fais confiance à personne si ce n’est pas nécessaire. Et je…

− Il nous a floués parce qu’il était assez doué dans sa profession, Imoen, la coupa Jaheira. Il entre dans les bonnes grâces de ses proies, et elles baissent leur garde.

 

Elle tourna son visage vers Imoen, et continua.

 

− Et quand les temps sont si sombres, il est parfois plus facile de croire qu’on a un ami plutôt que le monde entier est contre nous.

− Et maintenant, nous… euh, nous avons son sabre. Je ne comprends toujours pas ce qu’il a dit.

− Je pense que Yoshimo espérait qu’Ilmater puisse lui pardonner ses crimes et purifier son coeur et son âme, expliqua la druide. Je ne connais pas les détails, mais…

 

Elle hésita, et se retourna presque vers lui. Daren fit mine de chercher quelque chose dans son sac, et elle reprit en baissant la voix.

 

− Je crois que Daren pense que c’est important, et… cela ne coûte pas grand-chose d’essayer. Cela ne changera rien pour ceux qui furent blessés par les actions de Yoshimo, cependant, ajouta-t-elle d’une voix plus dure.

− Et toi, penses-tu qu’il disait la vérité ?, continua Imoen. Sur le fait qu’il ne voulait pas nous trahir, qu’il n’avait pas le choix ?

− Personne ne peut répondre à cette question, répondit Jaheira en haussant les épaules. Sinon Irenicus et Yoshimo.

 

Elle serra son poing, et fit craquer une articulation.

 

− Yoshimo est mort, continua-t-elle, et j’espère qu’Irenicus le rejoindra bientôt. Je ne retiendrais pas ma main suffisamment longtemps pour lui demander.

− Oh, non, je ne t’en blâme pas !, répondit aussitôt Imoen. Mais je…

 

Elle avait manifestement autre chose à lui dire, quelque chose de certainement douloureux.

 

− Jaheira… Je voulais te dire… pour… Khalid… Tu sais que je…

− Oui, Imoen, la coupa-t-elle aussitôt. Je sais.

 

Imoen la fixa un moment, puis baissa les yeux. À l’évocation de son défunt mari, Jaheira s’était refermée, et rares avaient été les moments où elle s’était confiée à qui que ce fût.

Le reste de leur trajet se fit à nouveau dans le silence, seulement interrompu par les gargouillis de quelques geysers bouillonnants. Daren sentit la fatigue le rattraper, et il ne parvenait à penser qu’à un lit douillet doublé d’un épais oreiller. À leur arrivée, la sentinelle toujours perchée à son poste de garde les salua d’un geste, et leur ouvrit les portes de fer de la cité d’Ust Nasha.

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