Une première mission

− Tu es enfin de retour.

 

Solaufein les attendait sur la place qui s’était enfin vidée. À ses côtés, la Vestale Imrae les fixait d’un air sévère, à la limite de l’impatience. Cependant, son regard trahissait aussi une certaine satisfaction.

 

− Je me faisais assez de soucis à propos du retour de Phaere, reprit Solaufein, mais je n’avais pas l’intention de me tracasser pour toi.

 

En présence de sa supérieure, l’elfe noir semblait nerveux, et Daren avait l’impression qu’il exagérait son côté agressif, de peur sans doute de paraître trop amical.

 

− La fille de la Mère Matrone est en sécurité, annonça finalement la Vestale. Tu as très bien servi, et je sais que la Mère Matrone est satisfaite.

 

Imrae décroisa les bras et souleva d’un geste nonchalant sa longue chevelure bleutée qui lui tombait dans le dos. Elle fixa Daren en plissant les yeux, et continua.

 

− Phaere te donne également un ordre que tu ne peux ignorer. Va te reposer, et retrouves-la à l’auberge d’Ust Nasha demain dans la matinée. Elle veut te parler, mais ne me demande pas pourquoi.

 

Daren préféra ne pas réagir. Cette entrevue pouvait se révéler positive pour leur intégration dans la cité, mais était tout aussi susceptible de les mettre tous en danger.

 

− Elle veut te voir toi aussi, Solaufein, ajouta-t-elle. Je crois qu’il s’agit de vous… récompenser de vos services.

 

Solaufein écarquilla les yeux d’un air inquiet, et bredouilla quelques mots.

 

− Mais Vestale, je ne veux…

− Veux-tu subir un nouveau châtiment, mâle ?, s’offusqua Imrae en haussant le ton.

 

Le visage de l’elfe noir se décomposa, et Daren devina une goutte de sueur perler le long de sa tempe. Baissant finalement les yeux, il acquiesça en silence.

 

− Tu feras ce qu’elle te dit, ajouta la Vestale en appuyant chaque syllabe. Elle vous verra tous les deux demain, une fois que vous vous serez reposés. Ce sera tout.

 

Imrae se drapa dans sa longue cape sombre et disparut en s’engouffrant dans les premières rues qui s’éloignaient de la place, suivie par un Solaufein désabusé et abattu.

 

− Allons nous coucher, conclut Jaheira. Nous verrons bien ce qui se passera demain…

 

L’auberge, la seule d’Ust Nasha, était bâtie sur plusieurs étages et reliait différentes passerelles de la citadelle. Elle comportait suffisamment de chambres pour les accueillir tous les cinq, et à peine avaient-ils payés que Daren s’effondra rapidement sur son lit et s’endormit en quelques instants.

 

Sa nuit fut agitée de songes sans queue ni tête. Des images obsédantes de l’Ombreterre défilaient dans son esprit fatigué. Cependant, malgré les évènements de ses dernières heures, Daren était suffisamment exténué pour que rien ne parvînt à perturber son sommeil. Plusieurs heures plus tard, il s’éveilla brusquement, paniquant quelque peu à se retrouver dans un environnement inconnu avant de reconnaître la texture rouge sombre des draps de soie de l’auberge d’Ust Nasha. Seule une petite bougie éclairait faiblement la pièce, mais cela n’affectait en rien sa vision devenue aussi perçante que celles des elfes. Ses compagnons dormaient dans les chambres adjacentes aux siennes, mais il ne percevait que le brouhaha lointain qui l’avait bercé toute la nuit. Daren se leva, et s’assit sur son lit en appuyant sa tête sur ses deux mains. La douleur diffuse à la base de son crâne était-elle plus nette ? Ou était-ce seulement une vue de son esprit ? Cela devait faire trois jours maintenant qu’Irenicus s’était emparé de son âme, et par deux fois déjà il s’était transformé en Ecorcheur sans parvenir à se contrôler. Les paroles de Jaheira le hantèrent un instant dans la pénombre de la chambre. Était-il réellement un danger pour ses compagnons ? La réponse ne lui avait jamais paru aussi évidente. Daren se redressa, et examina plus attentivement sa main devenue noire sous l’illusion du dragon. À quoi ressemblait-il lorsqu’il était sous l’emprise du pouvoir de Bhaal ? Il porta machinalement sa main sur ses côtes, là où sa peau s’était déchirée, mais aucune cicatrice ne trahissait de plaies. Toutes les autres blessures qu’il avait reçues en combat avaient laissé une marque, mais ce n’était pas le cas de celles-ci.

Trois coups brefs retentirent à la porte et le firent sursauter. Il enfila rapidement sa tunique, et reconnut la voix d’Imoen de l’autre côté.

 

− Daren ? Tu es prêt ?

− J’arrive, chuchota-t-il à son tour.

 

Il s’habilla rapidement et sortit à la rencontre de sa sœur. Ils avaient rendez-vous avec la fille de la Mère Matrone, et mieux valait pas arriver en retard.

 

À une petite table carrée, Phaere l’attendait, cette fois vêtue d’une longue robe fendue d’un gris virant sur le vert et qui mettait ses formes en valeur. Deux tasses bleutées autour d’une théière étrange de la même couleur dégageaient une fumée gris pâle, et quelques biscuits décoraient une assiette de porcelaine. Debout à ses côtés, immobile, Solaufein la dévisageait d’un air contrarié.

 

− Ah ! Veldrin arrive enfin pour saluer la femme qu’il a si vaillamment sauvée des flagelleurs !

− Je dois avoir été invisible et inactif pendant ce sauvetage à ce que je vois, intervint-il d’un ton ironique.

− Je parlais à Veldrin, Solaufein, lui répondit-elle sans le regarder. La prochaine fois que je t’adresserai la parole, ce sera pour t’ordonner de lécher mes bottes. Alors surveille ta langue, sinon…

 

Elle ferma les yeux d’un air exaspéré, et les rouvrit, toujours fixés sur Daren.

 

− Ne fais pas attention aux sautes d’humeur hormonales de mon commandant, Veldrin, et sois sûr que tu seras récompensé. La Mère Matrone apprécie ta réussite.

 

Phaere l’invita à s’asseoir à ses côtés, ce à quoi Daren ne put qu’acquiescer. Il n’y avait de place que pour eux deux à sa table, et ses compagnons durent s’installer un peu plus loin, dans l’indifférence totale de la Vestale.

 

− La Mère Matrone connaît déjà les limites de Solaufein, reprit Phaere, et elle sera enchantée de voir que tu es également très habile au combat. Nous aurions besoin de quelqu’un comme toi à Ust Nasha, Veldrin.

 

Sur la table, une boisson rosée infusait depuis quelques minutes déjà, et elle porta la tasse à ses lèvres d’un geste gracieux, l’invitant à faire de même. À contrecoeur, Daren saisit l’anse de sa tasse,et huma longuement les vapeurs acidulées qui s’échappaient du bol de céramique.

 

− Chez les elfes noirs, c’est la loi du plus fort qui prévaut… Tu pourrais avoir des esclaves à ton service, du pouvoir, ou… des faveurs de Lolth. Qu’en penses-tu ?

 

Daren sursauta à sa question, et mit plusieurs secondes à en comprendre le sens. Il n’était qu’à peine réveillé, et peinait à se concentrer sur la conversation. Une bouffée d’angoisse serra son cœur lorsqu’il réalisa ce qu’elle venait de lui signifier. Que devait-il répondre pour ne pas se compromettre ?

 

− Cela me semble parfait, finit-il par dire, sans conviction.

− Excellent !, s’exclama la drow. Enfin quelqu’un qui a de l’ambition !

 

Elle tourna imperceptiblement son regard vers le soldat toujours figé à sa droite.

 

− C’est si rare de nos jours… n’est ce pas, Solaufein ?

− Peut-être est-il incapable de voir l’hameçon derrière l’appât,  Phaere ?, marmonna-t-il en guise de réponse. Les ignorants sont toujours heureux.

− Toutefois, ce risque paie grassement, le coupa-t-elle. Je pensais que tu le savais déjà…

 

Personne ne répondit pendant presque une minute, et Daren réalisa qu’un nouvel orchestre avait pris place à l’autre bout de l’auberge et jouait un air discret sur des instruments à cordes. En dehors d’eux, trois autres tables accueillaient des clients, dont une où s’étaient réunis ses compagnons qui épiaient le plus anonymement possible leur conversation.

 

− Bien !, reprit soudainement Phaere d’un ton satisfait. Voici donc la nouvelle. Comme vous semblez efficaces, Solaufein et Veldrin, il vous a été confié une nouvelle mission pour la plus grande gloire de Lolth.

 

Avant qu’aucun d’eux n’eût le temps de répondre, elle se leva et conclut d’une phrase autoritaire.

 

− Je vous laisse quelques heures. Rejoignez-moi après manger près de la plateforme Est… à l’abri des oreilles curieuses.

 

La Vestale emprunta le couloir en direction de la sortie, et Solaufein la suivit peu de temps après sans un mot, le visage toujours crispé. Jaheira, Minsc, Aerie et Imoen rejoignirent aussitôt sa table et s’assirent à ses côtés.

 

− Je suppose que vous avez entendu ?, finit-il par demander.

 

Imoen acquiesça lentement en haussant les sourcils.

 

− Nous devons mettre à profit le temps qu’il nous reste pour repérer là où ces elfes noirs conservent les œufs, répondit Jaheira. Sans quoi, cette « Mère Matrone » ne nous laissera pas un instant de répit, jusqu’à ce que nous y passions tous.

− Je ne sais pas ce qu’elle compte nous faire faire, ajouta Imoen, mais je pourrais peut-être partir en reconnaissance pendant que vous allez avec elle ?

 

L’idée n’était pas dénuée de bon sens. Imoen était sans doute − et de loin − la meilleure d’eux cinq en ce domaine, et son sens de l’observation leur apporterait un gain de temps considérable.

 

− C’est trop risqué, trancha Jaheira. Daren est le seul qui ait autorité pour se déplacer librement ici. Nous ne sommes que des « suivants », je vous rappelle. Si Imoen se faisait prendre, c’est notre survie à tous qui serait compromise.

 

Un serveur s’avança prendre leur commande et coupa court à leur conversation. Ils mangèrent rapidement, et l’interrogèrent avant de partir à propos de cette « plateforme Est » sur laquelle ils avaient rendez-vous.

 

La même tension que la veille agitait la ville, et les allées et venues de soldats ne passaient pas inaperçues. De gigantesques cages de métal retenaient prisonnier des créatures de la surface, dont quelques humains, vendues en tant qu’esclaves aux plus offrants. Les cris de détresses de ceux qui avaient encore la force de parler lui serrèrent le cœur. Quant à Jaheira, elle avait dû forcer l’allure pour ne pas céder à la tentation d’arracher un à un les membres des clients qui observaient cette marchandise comme un alléchant bétail.

De nombreux escaliers en colimaçon tournaient autour de piliers tout aussi imposants et permettaient d’accéder aux plateformes habilement suspendues au-dessus du vide. D’après le serveur de l’auberge, ces terrasses servaient de base d’arrivée aux créatures extraplanaires, et étaient pour la plupart dédiées aux échanges commerciaux.

Non loin de la plateforme Est, Phaere, ainsi que Solaufein, attendaient leur venue.

 

− Ah, parfait !, s’exclama la Vestale. Je viens juste d’arriver moi aussi. Nous sommes donc prêts.

− À quoi es-tu prête au juste, Phaere ?, pesta le soldat. Pourquoi nous as-tu fais amener ici ? Est-ce seulement le produit de ton ambition dérangée ?

 

Le fait que Solaufein ne connût pas non plus le motif de leur venue rassura quelque peu Daren. Au moins cela dénotait-il une certaine intégration, mais à voir la façon dont celle-ci considérait son compatriote, il n’était pas sûr que ce fût véritablement réconfortant.

 

− Mes ambitions ne te concernent en rien, Solaufein, répliqua la Vestale. Et nous allons accomplir une tâche pour le bien de la cité des Mères Matrones.

− J’ignorais que Mère Ardulace n’ait jamais agi « pour le bien de la cité »…

− Silence ! Tu vas m’obéir, mâle !

 

Daren redoutait les répliques acerbes de l’elfe noir, qui entamaient dangereusement la bonne humeur plus qu’éphémère de la Vestale et compliquait par la même occasion ses propres interventions. Toutefois, Phaere se calma rapidement et leur expliqua la situation.

 

− Un « Œil-Tyran » est entré récemment en ville…

 

Un « Œil-Tyran »… Il ne pouvait s’agir que des terribles tyrannœils, de la même espèce que celui qu’ils avaient combattu dans les égouts d’Athkatla. Même si leur objectif s’avérait des plus dangereux, Minsc, Aerie et lui même avaient au moins l’avantage d’en avoir déjà affronté un.

 

− Il s’avère qu’il trafique de l’adamantine, continua-t-elle. Et la mission est on ne peut plus simple : les Mères Matrones ont décidé que nous devions le tuer.

− Comment ?, la coupa Solaufein, cette fois véritablement surpris. Tu as bien dis « nous » ?

− Oui, répondit-elle d’un ton hautain. Je dois me joindre à vous pour cette tâche. Le tyrannœil est arrivé à bord d’un Spelljammer il y a quelques heures, et nous devons l’intercepter en le prenant par surprise. Cela nous rappellera le bon vieux temps, hein Solaufein ?

 

L’elfe noir ne répondit pas, continuant à dévisager sa supérieure d’un air stupéfait. La Vestale posa un doigt sur ses lèvres et invita ses compagnons à la suivre en silence.

 

− Pas de mouvement brusque avant que je n’ai donné le signal, chuchota-t-elle. Et ne laissez filtrer aucune émotion.

 

Un éclair jaune vif illumina la passerelle un instant, et une créature sphérique se matérialisa sous leurs yeux. Un œil volumineux s’entrouvrit du corps brunâtre de la créature, et une dizaine de pédoncules elles aussi munies de petits organes oculaires se déployèrent autour de lui en inspectant les alentours. Daren avait sa main rivée sur la garde son arme, et son cœur battait à tout rompre. Le Spectateur était seul, et vola lentement vers Phaere qui venait de faire quelques pas dans sa direction. Malgré son apparence similaire à celui qu’ils avaient déjà affronté sous les quartiers du temple, celui-ci paraissait moins gros que le terrible « Œil Aveugle »; et moins agressif, aussi : ils se tenaient face à face depuis presque une minute, et aucun camp n’était encore passé à l’attaque.

 

− Bienvenue à Ust Nasha, l’accueillit la Vestale en s’inclinant. Veuillez me suivre pour procéder à quelques formalités.

 

Le tyrannœil ne répondit pas mais suivit l’invitation de l’elfe noire. De ses multiples tentacules mobiles il observait Daren et ses compagnons, et il eut soudainement l’impression que ce monstre sphérique perçait l’illusion du dragon. Une bouffée d’angoisse l’envahit, et il sentit la sueur perler lentement le long de ses tempes. Ses mains moites serraient fortement la garde de son épée, il respirait de plus en plus fort pour tenter de calmer son stress. Le tyrannœil tourna deux nouveaux appendices dans sa direction, captant ses émotions, et arrêta soudainement sa course

 

− Maintenant !

 

Daren sursauta à l’injonction de la Vestale. Il effectua une roulade et évita un rayon orangé qui brûla le sol derrière lui. Minsc, Solaufein et Jaheira se précipitèrent à leur tour à l’assaut tandis qu’Imoen avait dégainé en un éclair une arbalète préalablement armée. Un trait fendit l’air, et coupa net l’un des appendices oculaires de la créature qui retomba au sol dans un choc mou. Six adversaires l’encerclaient, et le Spectateur encore sous le coup de la surprise peinait à viser correctement ses adversaires. Trois nouveaux rayons enflammés jaillirent de ses yeux, mais furent déviés par Aerie restée en arrière, protégeant ses alliés de sa magie. Daren se positionna sous le corps en lévitation de la créature et planta son épée juste sous son œil central. Un liquide grisâtre fusa de la blessure, et le tyrannœil dévoila ses crocs dans un gémissement. Les autres combattants profitèrent de ce moment de faiblesse pour achever la créature, et Daren eut juste le temps de plonger de côté avant qu’elle ne s’effondrât, morte, baignant dans son propre sang.

 

− Une victoire retentissante !, s’exclama Solaufein. Bien qu’un peu facile à mon goût…

 

Comme à son habitude, il effectua une passe rapide de ses deux lames, qu’il fit tournoyer quelques instants avant de les glisser dans leur fourreau.

 

− La Reine Araignée nous a souri aujourd’hui, complimenta Phaere. Bon travail.

 

Daren parcourut ses compagnons du regard, mais aucun n’avait été blessé lors de l’affrontement. Contrairement à l’autre, ce Spectateur s’était avéré une cible aisée. Solaufein s’approcha de la masse sphérique dégoulinante au sol et donna un coup de pied inquiet contre l’épaisse paupière de son œil central.

 

− Ne touchez pas à la carcasse !, s’écria soudainement Phaere en levant les bras. Je… je m’en occupe.

 

Quelques secondes de silence firent écho à l’intervention empressée de la Vestale. Imoen échangea un rapide coup d’œil avec Daren, et observa attentivement le corps du tyrannœil.

 

− « Tu t’en occupes » ?, répéta Solaufein, de plus en plus circonspect. De quoi parles-tu, Phaere ? Que se passe-t-il avec ce tyrannœil ?

 

L’elfe noire le foudroya du regard, invitant le soldat à se taire jusqu’à nouvel ordre.

 

− Tu poses trop de questions, Solaufein. Je dois retrouver les Mères Matrones. Retournes à tes quartiers. Quant à toi Veldrin, continua-t-elle dans sa direction, je te retrouverai en début de soirée à l’auberge.

− Que se passe-t-il ici, Phaere ?, tonna le vétéran à nouveau. Tu nous cach…

− Et maintenant, le coupa-t-elle d’un ton autoritaire, disparaissez !

 

Le ton ne laissait pas la place à la discussion, et même Solaufein sentit qu’il ne devait pas aller plus loin. Il s’éloigna en maugréant quelques insultes, suivi de Daren, Minsc, Aerie et Jaheira. Seule Imoen continuait à observer silencieusement la carcasse sanguinolente du Spectateur.

 

− Imoen…, souffla discrètement Daren. Viens.

 

Elle sursauta lorsqu’il saisit fermement son poignet et acquiesça rapidement en se mettant en route, le regard toujours tourné vers la créature. Même s’il était encore trop tôt pour en être sûr, Daren était persuadé que sa sœur venait de remarquer un élément crucial, et préparait en ce moment même une stratégie pour l’exploiter.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s