Le temple du Seigneur des Feuilles

− C’est étrange que nous n’ayons rencontré personne depuis tout à l’heure, s’étonna Aerie après un quart d’heure d’exploration.

 

L’avarielle marchait tout près de Daren, frôlant sa main de temps à autres. Même si le brouillard s’était éclairci, il restait un frein indéniable à leur avancée, les obligeant à prendre plus de précaution que nécessaire. Cependant, ils n’avaient fait aucune mauvaise rencontre depuis leur départ.

 

− Nous sommes sur les passerelles extérieures, expliqua Jaheira. Les branchages sont plus fins ici, et je ne suis pas sûre que les golems d’Irenicus puisse passer. Nous devrions bientôt arriver au palais, si tout se passe bien.

 

Tous les cinq marchèrent lentement en suivant les différentes plateformes. Par endroits, entre les feuillages, on distinguait la lumière presque crue du soleil, tâchant les branches d’auréoles argentées. Après une dizaine de minutes de marche, une voix mal assurée s’éleva de la brume.

 

− Qu-Qui êtes-vous ? Halte !

 

Un elfe, tenant fébrilement une longue hallebarde à la main, agitait la pointe de son arme dans leur direction.

 

− Nous sommes des alliés, répondit aussitôt Daren en levant ses deux mains.

− Non ! Je ne vous crois pas !, s’écria la sentinelle, affolée. Il n’y a aucun allié ici ! Vous êtes des démons !

− Minsc et Bouh ne sont pas des démons, petit homme !, intervint le rôdeur. Minsc et Bouh sont venus botter le derrière du sorcier maléfique !

 

Derrière l’elfe, un immense portail en fer ciselé barrait le passage en direction d’un bâtiment dont on apercevait les murs gigantesques malgré le brouillard.

 

− Le palais, là !, s’écria Imoen.

− Non ! Vous ne devez pas rejoindre l’Exilé, démons ! Arrière !

− Nous ne sommes pas des démons, trancha soudainement Jaheira d’un ton dur, en repoussant la hallebarde tremblante de la sentinelle de son bâton. Nous sommes avec Elhan, et il vous attend à l’entrée de la ville.

 

Le visage de l’elfe se figea au nom de son commandant, et il ouvrit plusieurs fois la bouche avant de parvenir à émettre un son.

 

− Vous… Elhan… est revenu ? Il est revenu à Suldanessalar ?

 

Sa voix grimpait à mesure que le soulagement se lisait dans son regard.

 

− Oui, confirma Daren. Nous avons récupéré le Rynn Lanthorn, et votre commandant vous fait savoir que vous devez vous rassembler au portail.

− Oh, merci ! Merci, étrangers ! Je survis par ici depuis quelques jours. La grande prêtresse nous avait ordonné de bloquer l’accès à tout renfort de l’Exilé vers le palais, mais je suis le dernier encore en vie. Mon dernier compagnon est mort hier, croyant apercevoir des alliés alors qu’il s’agissait de ces damnés hommes tigres.

− Vous saurez rejoindre le portail ?, lui demanda Daren.

− Ne vous inquiétez pas. J’ai grandi et vécu ici, et je connais de nombreux chemins pour aller et venir en restant caché, sans quoi d’ailleurs je ne serais plus en vie.

 

La sentinelle les salua une dernière fois et s’enfonça dans le brouillard. Ils arrivaient enfin au palais. D’après Demin, Irenicus avait capturé la reine Ellesime et l’y avait enfermée. Un nouveau sentiment d’appréhension et d’angoisse serra le cœur de Daren. Malgré leur détermination, malgré leurs efforts, avaient-ils une chance face au sorcier ? Maintenant qu’il possédait son âme, il avait sans aucun doute récupéré ses pouvoirs d’antan, lorsqu’il était un mage respecté du peuple elfique, voire davantage. Jaheira semblait moins hésitante que lui, à moins qu’elle ne parvînt simplement mieux que lui à dissimuler sa peur. De toute façon, il n’avait que peu de choix, une mort atroce l’attendant inexorablement en cas d’échec ou d’abandon. Mais pouvait-il sans scrupule sacrifier ainsi la vie de ses compagnons ? De sa sœur, qui elle avait retrouvé son âme, et n’avait plus de raison de se battre pour sa vie ? Et d’Aerie. Sa précieuse Aerie. Il devait se concentrer pour ne pas se laisser submerger par des images de morts, lui vivant et sa bien-aimée terrassée par les pouvoirs du sorcier. Il avait faillit la perdre une première fois, et la chance lui avait souri. Mais il ne croyait pas en la chance, et savait par expérience qu’elle ne frappait pas deux fois au même endroit. Tout à coup, la voix de sa sœur le tira de ses sombres réflexions.

 

− C’est pas vrai ! Impossible d’entrer ici !

 

Elle renouvela son incantation et un éclair lumineux parcourut les montants métalliques, en vain. Imoen poussa brutalement les grilles, imitée férocement par Minsc, mais rien ne se produisit.

 

− Il y a peut-être une autre issue ?, proposa Aerie.

− Le plan ne mentionnait rien à ce sujet, marmonna Jaheira en fronçant les sourcils.

 

Elle décocha un violent coup de pied rageur contre le pan de métal et poussa un juron.

 

− J’ai peut-être une idée, commença Imoen à peine convaincue de ses propres paroles. Mais je ne suis pas sûre que…

− Ah ! Voici donc les mortels si intrépides !, la coupa une voix sifflante.

 

Tous les cinq se retournèrent en même temps. Derrière eux, quatre Rakshasas, vêtus de toges bariolées, ricanaient aux propos de celui qui semblait être leur chef. Leurs yeux jaunes étincelaient d’une lueur mauvaise, maléfique, et de longs crocs menaçant ornaient leur sourire provocateur.

 

− Ces elfes ont été d’une telle facilité à exterminer que j’en suis presque satisfait de pouvoir m’amuser un peu, déclama l’un d’eux en agitant sa longue queue rayée derrière lui.

 

Quatre. Ils étaient quatre, dont leur chef, sans doute plus puissant que les trois autres. Ils avaient l’air si sûrs d’eux. Si arrogants. Et terriblement forts.

 

− Daren, tiens-toi prêt, lui murmura Imoen.

 

Prêt à quoi ? Ils n’avaient pas eu le temps d’échafauder le moindre plan, et toute retraite leur étant impossible, se battre était la seule et unique option. Un rapide examen des lieux rassura quelque peu Daren, puisqu’aucune créature de pierre ne semblait se trouver à proximité.

 

− Vous allez mourir dans d’atroces souffrances, mortels.

 

Aerie et Imoen entamèrent leur sortilège aussitôt, et la brume se dissipa dans une vive bourrasque. Deux Rakshasas dégainèrent leurs sabres courbés et s’élancèrent en direction de Minsc et de Jaheira. Daren était resté en retrait, attendant un signe de sa sœur, mais s’avança finalement pour porter secours à ses compagnons. Les hommes tigres se battaient avec une souplesse hors du commun. Ils parvenaient à éviter les coups en esquivant adroitement, et leur main libre s’avérait aussi dangereuse que celle qui portait l’épée, cinq griffes acérées se dessinant du coussin noir qui leur faisait office de paume. Les deux autres restés en retrait préparaient leurs propres sortilèges, et déployèrent une onde invisible que Daren sentit déferler sur sa peau. Ses yeux se mirent à le piquer soudainement, et il dut poser plusieurs fois sa main sur son corps pour vérifier qu’il n’était pas en train de rêver. Les corps des Rakshasas semblaient se mouvoir d’eux mêmes, flottant presque dans les airs, et une sorte d’écran lumineux se dessina entre eux et leurs adversaires. Tout à coup, une griffe sortie du néant lui déchira sa tunique et le projeta en arrière. Jaheira la première, suivie de Minsc, fit volte-face, leurs deux adversaires s’évanouissant à mesure qu’ils les frappaient. La magie des deux autres en arrière couvrait leur véritable position. Les deux créatures se mouvaient dans l’ombre, dissimulée par les illusions des Rakshasas.

 

− Daren ! Viens ici !

 

Imoen rompit son incantation et accourut vers lui. Le brouillard reprenait petit à petit sa place, ajoutant un nouvel handicap à la confusion qui régnait déjà sur le champ de bataille.

 

− Prends ça, et va au temple !

 

Elle lui tendit la lame et le pendentif de Rillifane avant de reprendre aussitôt sa place aux côtés d’Aerie. Minsc et Jaheira se débattaient tant bien que mal face à leurs adversaires insaisissables, mais parvenaient au moins à parer leurs attaques tout en les occupant. Le temple. Sur la carte de la prêtresse, il se situait au Sud Est de leur position actuelle. Que devait-il y faire ? Demin avait parlé d’un rituel pour entrer en contact avec Rillifane lui-même, mais même s’il en possédait les ingrédients, il n’était pas plus avancé sur la marche à suivre. Sans se poser davantage de questions, il enjamba le monticule de pierre qui bloquait le passage vers la passerelle Sud et laissa derrière lui ses compagnons, une angoisse montante lui serrant le cœur.

 

− Laissez partir celui-là !, s’écria l’un des démons. Nous le retrouverons plus tard !

 

Et s’il leur arrivait malheur ? Et si l’un d’eux, ou même tous les quatre, mourrait par sa faute ? Il avait jusqu’à présent fait pleinement confiance en l’intuition de sa sœur, à raison, et il préféra se concentrer sur cette idée pour ne pas avoir à faire demi-tour.

En quelques minutes de course effrénée, il devina l’imposant bâtiment dédié au culte de la forêt. Le brouillard s’était encore clairsemé. Les efforts des Rakshasas pour lutter contre ses amis devaient affaiblir leur sortilège, ce qui lui avait permis d’atteindre son objectif sans ralentir. Daren scruta un instant les alentours, mais en dehors des habituels bruits de combats résonnant dans toute la cité, aucun autre son n’indiquait une présence suffisamment proche pour représenter une menace. Il souffla quelques secondes, haletant, et l’arme au poing poussa les lourdes portes du temple de Rillifane Rallathil, le Seigneur des Feuilles.

 

La pièce dans laquelle il était entré resplendissait d’un bleu sombre agrémenté de fines gravures décorant les murs. La voûte à plusieurs mètres au-dessus de lui donnait l’impression d’un ciel illuminé d’un millier d’étoiles, dominant un large bassin rempli d’une eau pure et cristalline. Et cachant les reflets scintillant de l’eau calme, imposante et terrifiante, une immense statue de métal de plus de trois mètres de haut le fixait de ses yeux morts. Le silence oppressant tranchait radicalement avec l’agitation permanente à l’extérieure. Que devait-il faire ? Quelle était cette créature de métal ? D’un pas mal assuré, Daren s’avança en direction du bassin, l’arme de Sarevok à la main. Un mouvement. Il en était sûr, cette créature le suivait des yeux. Daren devait lui arriver à la cuisse, et à mesure qu’il avançait, il se sentait de plus en plus petit. Un autre mouvement. Une vibration puissante secoua le temple lui-même, et Daren sentit un filet de poussière lui recouvrir la joue. La créature avait bougé. L’angoisse se fit plus forte. Instinctivement, il fit un bond en arrière, son épée tremblante devant lui. Le titan de métal venait de faire un pas en avant et se dirigeait dans sa direction, dans l’intention manifeste de le tuer. Le golem de métal se mouvait maladroitement, mais chacun de ses pas faisait trembler le sol et les murs. Il devait peser plusieurs tonnes, et un seul de ses coups le briserait aussi aisément qu’une brindille. Daren se calma tant bien que mal, inspirant et expirant profondément, et s’élança à l’assaut du colosse. La créature leva latéralement ses deux poings de fer, mais ses mouvements étaient bien trop lents pour Daren. Il esquiva d’une roulade le choc métallique d’une puissance inouïe et enfonça de toutes ses forces sa pointe de son épée contre la carapace du golem, au niveau du ventre. Un crissement métallique insupportable retentit dans l’immense pièce, mais malgré la force de son coup, il n’était parvenu qu’à dessiner une rayure à peine perceptible sur la machine de métal. La créature leva un pied, aussi volumineux que son torse, et Daren dut se rouler sur le côté en catastrophe pour échapper à une mort atroce. Le dallage de marbre, fin et fragile, explosa sous le choc, et un vaste nuage de poussière bleutée s’éleva au-dessus du sol. Daren se redressa aussi vite qu’il putet fit quelques pas en arrière. Il fallait se rendre à l’évidence : son attaque n’avait qu’à peine effleuré la créature, alors que lui-même ressentait encore une douleur dans son poignet. Ce monstre possédait-il un point faible ? Ce n’était qu’une masse humanoïde composée d’un seul bloc de métal, et aucune arme traditionnelle ne semblait pouvoir l’atteindre. Le golem se retourna finalement, comprenant que sa cible se trouvait derrière lui, et s’avança à nouveau en faisant trembler les fondations du temple. Il ne pouvait pas abandonner aussi vite. Il ne devait pas. Ses compagnons se battaient pour leur propre survie, et si Imoen avait vu juste, c’était en ce lieu que se trouvait leur salut à tous. Reprenant ses esprits, Daren rajusta son arme en avant et s’élança à l’assaut de la créature. Nouvelle attaque du golem. Daren se baissa et enfonça aussi puissamment que possible la pointe de son arme contre la carapace. Nouveau choc. L’espace d’une seconde, il avait pensé que son attaque avait porté ses fruits, mais avant qu’il ne pût réaliser la situation, un violent coup dans le ventre le projeta dans les airs, le contraignant à lâcher son arme.

Ne pas s’évanouir. Ne pas baisser les bras. La douleur le lançait terriblement, irradiant de ses hanches. Un nouveau choc sur le dos lui indiqua qu’il avait enfin touché terre. D’un effort surhumain, il se redressa à demi, pour découvrir la carcasse de métal se mouvoir dans sa direction, encore et encore. Il ne survivrait pas à un autre de ses coups, il le savait. Son arme gisait sur le sol, à l’autre bout de la pièce. Il n’avait plus le choix. Il était désarmé, et son pouvoir était sa seule échappatoire. Une terrible appréhension le fit hésiter un instant. Il en avait trop souvent usé en trop peu de temps. Et chaque nouvelle transformationle faisait partir un peu plus loin. De plus en plus loin. S’il ne succombait pas au golem, il risquait fort de succomber à sa propre essence, piégé pour l’éternité dans ce néant de souffrance et de pouvoir. Il aurait voulu hurler, hurler son désespoir, mais sans même qu’il ne s’en aperçût, la brume rouge commençait déjà à s’échapper du sol. Une nouvelle secousse. Le golem s’approchait, inéluctable. Il fallait choisir entre finir consumé par l’essence de Bhaal, ou broyé sous la masse implacable de métal.

Tout à coup, une douce lumière verte brouilla son champ de vision. Le pendentif, ainsi que la lame de Rillifane, irradiait d’un éclat chaleureux et reposant. Sans réfléchir, il saisit d’une main l’épée à sa ceinture, et le collier de l’autre. Le golem continuait son avancée, ses pas lourds secouant le sol. Daren se releva, l’arme dorée tendue devant lui. La créature s’arrêta à moins d’un mètre et leva à nouveau ses deux bras. D’un simple geste, il posa la pointe de l’épée contre la carapace de fer, et le golem s’immobilisa. Les vibrations de la lame et du pendentif entraient en résonance, comme des chants de chœurs d’enfants. Une multitude de plantes se mirent à pousser sur la créature, recouvrant petit à petit toute la surface de métal. Le golem tenta d’abaisser son bras titanesque, mais celui-ci se détacha, et roula plusieurs fois sur le sol, amorti par l’épaisse mousse qui venait de le recouvrir. En l’espace d’une minute, il ne restait de la créature qu’une montagne de lierre et de plantes luxuriante.

Daren n’en croyait pas ses yeux. Il n’avait pas encore bougé, et ce fut lorsque la lumière s’estompa enfin qu’il entreprit de se reculer. Que s’était-il passé ? D’un geste prudent, il tapota plusieurs fois la carcasse immobile de la créature, mais rien ne se produisit. Une soudaine pensée pour ses compagnons le fit sursauter. Il était venu dans ce temple pour tenter quelque chose, même s’il ne savait pas vraiment quoi, mais maintenant que tout danger était écarté, il ne pouvait se permettre de rester sans rien faire. Daren s’approcha finalement de l’étendue d’eau. Le symbole du dieu de la forêt était gravé en mosaïque au centre du bassin. Une vive douleur aux côtes l’obligea à s’asseoir sur le rebord, et il plongea nonchalamment sa main dans l’eau fraîche. L’onde se propagea lentement, déformant son reflet et se brisant en un clapotis chantant sur les bords du bassin. La lumière s’éleva à nouveau des reliques de Rillifane, et l’arme se mit à trembler, à un tel point que Daren dut la lâcher. L’épée s’éleva au-dessus du sol, ainsi que le pendentif. Les deux artefacts semblaient s’animer d’une vie propre et volèrent lentement dans les airs. La lumière s’intensifia, jusqu’à l’aveugler totalement. Daren posa un bras au-dessus de ses yeux, et avant qu’il ne parvînt à distinguer quoi que ce fût, une voix grave et puissante résonna dans l’immensité de la pièce.

 

« L’AVATAR DU GRAND CHÊNE SE DRESSE DEVANT TOI, MORTEL. QUE SE PASSE-T-IL QUI PUISSE RETENIR L’ATTENTION DU SEIGNEUR DES FEUILLES ? »

 

Daren sentit son cœur s’emballer. Même s’il ne parvenait pas à la voir, il sentait une présence juste devant lui, dégageant un pouvoir immense. Une présence qui sondait chaque recoin de ses pensées. L’avatar s’était adressé à lui. En esquissant une révérence, il bredouilla une réponse.

 

− Le sorcier, Jon Irenicus, a…

 

« AH… L’EXILÉ EST DE RETOUR. CELUI QUI ÉTAIT AUTREFOIS UN ELFE A SURVECU, ET UNE FOIS ENCORE, IL A PERPÉTRÉ SON SACRILEGE CONTRE L’ARBRE DE LA VIE. L’EXILÉ SE PROTÈGE AVEC UN POUVOIR QUI CORROMPT LA NATURE, ET JE NE PEUX L’ATTEINDRE. IL RETIENT PRISONNIER PAR LA CORRUPTION CELLE QUI EST DE MON SANG, ET SE SERT DE SON LIEN AVEC L’ARBRE DE LA VIE POUR PUISER DANS SON POUVOIR. »

 

Que comptait-il faire ? Irenicus possédait déjà son âme, et s’était amplement vengé de ceux qui lui avaient infligé son exil. La main toujours inutilement en visière, Daren osa timidement une question à l’avatar de lumière.

 

− Pourquoi ? Que va-t-il…

 

« L’EXILÉ CHERCHE À SE JOINDRE AUX SELDARINES. L’EXILÉ VEUT DEVENIR UN DIEU, COMME IL A DÉJÀ TENTÉ DE LE FAIRE. »

 

Les Seldarines ? Daren n’avait jamais entendu ce nom auparavant, mais avant qu’il n’eût le temps de poser une autre question, le Seigneur des Feuilles avait repris.

 

« LE PREMIER DES SELDARINES NE LE PERMETTRA JAMAIS. L’ARBRE DE VIE NE DOIT PAS PÉRIR, OU NOS ENFANTS SOUFFRIRONT. LES ESPRITS DE CETTE FORÊT SERONT APPELÉS POUR VAINCRE LE MAL LIBERÉ PAR L’EXILÉ. »

 

Un murmure grave et puissant emplit soudainement la pièce, ébranlant même les fondations du temple. La voix reprit alors, plus forte et plus déterminée.

 

« RÉVEILLEZ-VOUS ESPRITS ! MOI, RILLIFANE RALLATHIL DES SELDARINES, JE VOUS APPELLE. EN CE JOUR, DÉFENDEZ NOS ENFANTS ! »

 

La lumière s’estompa un instant, laissant apparaître une créature verdoyante et gigantesque. On aurait dit une immense montagne de lianes et de plantes agitant quelques branches en guise de bras.

 

« QUANT À TOI, MORTEL, TU CHERCHES À VAINCRE L’EXILÉ. LIBÈRE CELLE QUI EST DE MON SANG DE SA CORRUPTION ET ELLE TRANCHERA LE LIEN DONT IL SE SERT. »

 

« Celle qui est de mon sang ». Il ne pouvait s’agir que de la reine, Ellesime. Mais même s’ils étaient parvenus jusqu’aux portes du palais, les grilles étaient demeurées closes, rendant leur sauvetage impossible.

 

− Mais, demanda Daren d’une petite voix, Irenicus a scellé le…

 

« LES PORTES DU PALAIS SONT OUVERTES. PÉNÈTRE DANS L’ARBRE DE LA VIE, ET AFFRONTE L’EXILÉ. JE NE PEUX RIEN FAIRE D’AUTRE. ADIEU, ENFANT DE BHAAL. »

 

La lumière se dissipa totalement, emportant avec elle l’avatar de Rillifane et ses reliques. Seule restait dans le temple la carcasse rongée de la créature de métal, ainsi que son arme un peu plus loin. Daren resta immobile un instant, encore ébranlé par sa rencontre insolite, et courut ramasser son épée. Ses compagnons se battaient toujours pour leur survie, et maintenant que son objectif était atteint, il devait retourner leur prêter main forte au plus vite. Il se précipita en direction des portes du temple et sortit sur la plateforme à l’extérieur. Son cœur s’accéléra soudainement. Il n’y avait pas de doute possible : ses compagnons avaient réussi. Malgré la vision apocalyptique de la cité en ruines, le brouillard s’était levé.

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