Épilogue

Aerie et Daren mirent de côté leur vie aventureuse pour se consacrer à l’éducation de leur fils, puis de leur fille. Aerie avait enfin fait la paix avec son passé, et retrouvé ses parents qui l’avaient cherchée pendant de si longues années. Ils vécurent longtemps au milieu des nuages, où ils furent reçus en héros, mais on raconte qu’ils reprirent soudainement la route, un matin d’hiver, après avoir reçu la visite d’un vieil homme excentrique vêtu de rouge qui leur aurait parlé d’esclavagistes sévissant dans le pays…

 

 

Le frère de Daren, Sarevok, ne put s’établir nulle part pendant les années qui suivirent sa résurrection. À lui seul, il aurait mis en déroute une armée d’orcs à Berdusk, mais on dit que sa puissance et sa férocité terrifièrent autant les habitants que les envahisseurs. Il arriva à Port-Ponant en conquérant, renversant tout sur son passage avant de mystérieusement disparaître quelques semaines plus tard. Ses actes furent diversement interprétés, mais tous s’accordèrent à dire que Sarevok était une âme torturée, à la limite de la vie et de la mort, incapable de fixer sa volonté sur l’un de ces deux états. La légende prétend qu’il serait alors parti seul à l’assaut des Abysses, à moins qu’il n’eût décidé de mettre un terme à ses souffrances.

En vérité, il se retira à Kara-Tur pour y enterrer Tamoko, le seul amour de sa vie, et n’en revint jamais… Enfin, d’après les légendes…

 

 

Dans les lointaines contrées du Nord, en Néthéril, on raconte qu’une créature à la peau aussi sombre que la nuit fait régner la justice que les hommes ne savent plus rendre. D’aucun prétendent qu’un démon est à l’œuvre, mais ceux qui ont perdu l’espoir et à qui il vole au secours le surnomment « l’Étoile d’Argent », en raison d’une mystérieuse étoile filante qui scintillerait dans le ciel à chacune de ses interventions. Son nom se répandit bien vite dans les royaumes alentours. On raconte même qu’un certain Drizzt Do’Urden se serait intéressé à lui, mais que ce justicier solitaire lui aurait répondu que « chacun devait trouver sa voie »…

 

 

Plus au sud, en Amn, les Ménestrels érigèrent un mémorial en souvenir d’une des leurs qui avait sacrifié sa vie pour ses convictions. Elle fut aussitôt réintégrée dans l’Ordre, et nommée Championne de la Balance à titre posthume. Conformément aux souhaits d’un riche mécène anonyme, sa statue initialement prévue pour intégrer le panthéon des personnalités les plus influentes de l’Ordre Ménestrel fut finalement érigée en plein cœur de la forêt du Téthyr. On dit que les animaux la protègent férocement de quiconque n’ayant pas le cœur assez pur pour s’en approcher.

 

 

Quant à Minsc, il poursuivit son chemin après la fin de ses aventures avec l’enfant de Bhaal. Il retourna en Rashémanie, pressé de relater ses exploits aux membres de la Loge des Berserkers. Il n’eut même pas à se donner cette peine, car une véritable légende s’était construite autour de sa personne dans toutes les tavernes de Féérune. Chaque barde des Royaumes connaissait au moins une chanson traitant des aventures du plus grand rôdeur de tous les temps, et Minsc devint un vrai héros. Il créa alors le Pied dans la Botte de la Justice, un ordre visant à « botter les fesses du Mal », selon sa charte fondatrice. Minsc disparut quelques années plus tard lors de l’un de ses voyages au-delà des Royaumes.

Et Bouh, dans tout cela ? Bouh n’a jamais quitté Minsc, et Minsc n’a jamais quitté Bouh, évidemment. Ils seraient désormais tous deux parmi les étoiles, là où les hamsters sont géants, et les hommes des héros de légende.

 

 

Certaines nuits, on raconte qu’une comète étincelante illumine le ciel de la Côte des Épées. Même les plus sages ne comprennent son origine. Ce qui les fascine le plus, dit-on, c’est sa couleur d’un bleu profond, et la longue traînée rousse qu’elle laisse derrière elle n’est pas sans rappeler la chevelure flamboyante d’une Déesse. Les sages restèrent longtemps sans réponse, puis abandonnèrent finalement la question, se contentant sur les conseils d’un des leurs de lui donner un nom à la fois sobre et élégant.

 

Cette comète fut baptisée « Imoen ».

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