Chapitre Final

L’été était chaud, sur la Côte des Epées comme en Amn. La vue sur la riche cité d’Athkatla depuis le flanc Sud des Pic Brumeux était à couper le souffle.

− Je suis tellement heureuse que vous soyez venus avec nous !, s’exclama Imoen tandis qu’ils progressaient sur l’étroit sentier qui sinuait entre les cols.

− Je voyage de contrée en contrée au gré de l’aventure, répondit Dynahéir, et j’ai saisi cette opportunité comme une autre. Mais moi aussi, je suis contente de voyager avec vous.

Daren était lui aussi impatient de découvrir le pays d’Amn, et surtout de leur apporter les nouvelles des grands ducs.

− J’espère simplement que la personne qui remplacera le duc d’Ecudargent sera à la hauteur de la situation, ajouta Jaheira. Je commence à en avoir assez de perpétuellement voler au secours de ces humains…

Khalid émit un léger toussotement ironique qui fit éclater de rire Imoen, puis reprit comme si de rien n’était sa conversation avec Minsc. Tous les six avaient été chargés de se rendre à Athkatla, la capitale du pays de l’Amn, en tant qu’émissaires de paix, et devaient apporter au Conseil des Six un gage de leur bonne foi. Le duc Belt et la duchesse Jannath avaient fait chacun don d’une pièce exceptionnelle de leur collection, et avaient aussitôt ordonné le retrait de leurs troupes de la frontière.

Ils n’avaient pas encore achevé leur périple que déjà la nouvelle de la fin de la guerre s’était répandue comme une traînée de poudre, et de nombreux chariots empruntaient à nouveau la route sinueuse vers le village frontalier de Nashkel.

− Daren ?, l’interpella timidement Imoen. Que comptes-tu faire, après tout ça ? Tu comptes retourner à Château-Suif ? Je suis sûre que la ville de la Porte serait ravie de t’offrir un nouvel ouvrage pour y retourner, si c’est ce que tu souhaites.

Daren ne lui répondit pas tout de suite. En réalité, il n’avait pas encore réfléchi à cette question, et était partagé entre cette nouvelle vie d’aventure et de dangers et le retour à un calme parfait enfermé entre les murs de sa citadelle. D’un côté, il ne voulait pas trahir le souhait de son père de le voir grandir comme un sage que lui-même avait été, mais d’un autre côté, il était presque certain que Gorion lui aurait laissé son libre-arbitre.

− Et toi, Imoen ?, lui rétorqua-t-il en guise de réponse. La question se pose aussi pour toi, tu sais.

Elle le regarda, un sourire radieux sur le visage.

− Moi ? Hé bien… Je suppose que tu ne peux toujours pas te passer de moi, n’est-ce pas ? Je te suivrais donc là où tu décideras d’aller, bien sûr.

Un clin d’œil malicieux lui fit naître un sourire, et Daren ferma les yeux, savourant cet instant de bonheur. Une brise légère lui souleva une mèche de cheveux. Il ne savait pas ce que lui réservait l’avenir, mais cela importait peu. L’âme de Gorion vivrait à jamais dans son souvenir, guidant sa destinée sur les chemins du monde.